Cap-d’Ail

Introduction

Situé à environ vingt kilomètres de Nice, à proximité de la principauté de Monaco, Cap-d’Ail connaît son premier développement à partir des années 1880 grâce à l’arrivée du chemin de fer et à la création de la Basse Corniche. En quelques années ce territoire isolé et inhabité se métamorphose en une station de villégiature brillante et moderne, fréquentée par une clientèle huppée venue de toute l’Europe.

L’hôtel Eden, palace édifié vers 1890, domine le quartier Mala entièrement constitué de luxueuses villas construites autour des années 1900 pour des financiers, des industriels ou des aristocrates. Plus loin, en direction de l’est, le quartier de Cap-Fleuri, connu à l’origine pour son sanatorium, poursuit le même développement. De cette période prospère, liée à la villégiature d’hiver qui prend fin avec la Première Guerre mondiale, Cap-d’Ail a conservé nombre d’ édifices remarquables, construits dans un style éclectique où se mêlent les influences italienne, baroque, classique et moderne. Le château de l’Ermitage, inspiré des palais germaniques, et la surprenante villa Primavera, au décor archéologique, en sont les plus beaux exemples.

 

Histoire

Vue générale du quartier de Cap-Fleuri, depuis le sud.

 

L’histoire de Cap-d’Ail est liée à celle de La Turbie, son chef-lieu, jusqu’en 1906, date de son détachement pour être érigé en commune autonome. En revanche, l’histoire de la station débute peu après le rattachement du Comté de Nice à la France, en 1860, par la création de nouveaux axes de circulation destinés à désenclaver cette portion de territoire restée vierge.

Son urbanisation commence dans le quartier Mala, en 1880, par un double programme immobilier comprenant : un hôtel de prestige capable de rivaliser avec les palaces de la Côte d’Azur et un lotissement huppé peuplé de riches villas.

A la suite de la ruine du premier promoteur, le projet est achevé par un second promoteur et étendu dans les quartiers de Cap-d’Ail-Est et de Cap-Fleuri, à partir de 1908, par la création d’un second lotissement et d’un hôtel de catégorie moyenne construit en bordure de la Basse Corniche.

L’apparition et le développement du quartier résidentiel entraîne, au même moment, la création de quartiers populaires, le long de la frontière avec Monaco.

Vue aérienne du Cap-d’Ail depuis le sud.

Le relief découpé du bord de mer.

Vue aérienne du quartier de Costa-Plana, depuis le sud.

 

Au cours de l’entre-deux-guerres, le goût pour la villégiature d’été et l’attrait des plages de la côte varoise, entraînent un ralentissement de la construction.

Pour soigner son image, Cap-d’Ail modernise ses équipements, étend son réseau routier et embellit les avenues existantes par de beaux immeubles avec commerces au rez-de-chaussée.

Au lendemain de la Seconde-Guerre mondiale, la pression immobilière reprend grâce aux congés payés et au développement de l’automobile, puis s’accélère à partir des années 1970 avec la flambée des prix de l’immobilier à Monaco et l’arrivée du tourisme de masse, qui entraîne la multiplication des immeubles et résidences, ainsi que l’apparition de nouveaux centres touristiques adaptés pour de courts séjours en famille.

 


Le territoire de La Turbie

La plage Mala et la ligne de chemin de fer

 

Cap-d’Ail est situé en bordure de mer, à l’ouest de la principauté de Monaco. Il couvre une superficie de 222 hectares qui s’étend du rivage aux flancs escarpés d’un relief calcaire d’une altitude moyenne de 800 mètres. Là, est édifié son ancien chef lieu, le village de La Turbie.

De par sa position frontalière avec Monaco, en limite de la Provence, Cap-d’Ail a subi tout au long de son histoire de nombreuses invasions. Il fut occupé par les Génois, les Guelfes, puis annexé à Monaco, repris par la Savoie et conquis par l’état Sarde.

Lors de son rattachement à la France, en 1860, d’importants travaux sont entrepris pour désenclaver cette portion de territoire encore vierge. L’urbanisation qui s’ensuit entraîne, en 1906, son détachement de la commune de La Turbie et son érection en commune autonome En 1860, s’ouvrent deux chantiers importants : la construction de la ligne de chemin de fer entre Nice et Monaco, achevée en 1868 et celle de la Basse Corniche, en 1883.

 

Vue aérienne de La Basse Corniche dans la traversée du quartier de Cap-Fleuri.

 

Avec l’ouverture de ces nouveaux axes de circulation, une clientèle nouvelle et cosmopolite, issue du milieu de la finance, de la politique, de l’industrie ou de la médecine, découvre la Riviera au cours de longs séjours hivernaux.

Cette arrivée massive entraîne un développement rapide des villes existantes et la création de nouvelles stations de villégiature : Beaulieu-sur-Mer, Villefranche-sur-Mer, Cap-d’Ail puis Saint-Jean-Cap-Ferrat et Eze-sur-Mer.

 

 

Cet itinéraire s’inspire d’une publication de la collection Images du Patrimoine, ouvrage publié par l’Association pour le Patrimoine de Provence, en partenariat avec le Conseil général des Alpes-Maritimes.

  • Recherche et textes : Laurent Del Rosso
  • Photographies : Marc Heller
  • Carte : Nathalie Pégand

Cap-d'Ail : Architectures de Villégiature